Intelligence Artificielle

Les entreprises d’IA acquièrent des livres anciens, extraient leurs contenus pour former des modèles, puis les détruisent à grande échelle.

Les entreprises d'IA acquièrent des livres anciens, extraient leurs contenus pour former des modèles, puis les détruisent à grande échelle.

L’évolution de l’utilisation des livres dans le domaine de l’IA

Les livres ont traditionnellement été précieux pour deux raisons : lire et embellir les étagères. Cependant, ces atouts ne semblent pas intéresser les entreprises d’intelligence artificielle (IA).

Une approche radicalement différente de l’édition

Pour les sociétés développant de grands modèles linguistiques, les livres ne sont plus que des ressources à exploiter. Elles les consomment en masse, souvent en privilégiant des livres numériques, surtout s’ils sont piratés, comme cela a été reproché à certaines entreprises comme Meta, ou comme dans le cas d’Anthropic, qui a dû débourser 1,5 milliard de dollars pour régler des réclamations d’auteurs.

Beaucoup de ces entreprises, y compris Anthropic, se tournent maintenant vers les livres physiques, qu’elles acquièrent en grande quantité pour un prix dérisoire. Selon le procès réglé, Anthropic utilisait une machine de découpe hydraulique pour extraire les pages des livres achetés auprès de revendeurs, avant de les numériser avec des équipements de pointe. Il est clair que cela constitue une exploitation déloyale des auteurs, puisque ces livres étaient utilisés pour entraîner l’IA.

Le cadre légal en jeu

Cette méthode s’appuie sur un principe légal connu sous le nom de doctrine de la première vente, qui permet à un acheteur d’utiliser un produit acheté à sa convenance, sans l’accord du titulaire des droits d’auteur. Le tribunal a jugé que comme Anthropic convertissait les textes physiques en numériques sans les distribuer sous forme de nouvelles copies, son action était considérée comme transformante et donc protégée par un usage équitable.

Le marché émergent des anciens livres

Selon un rapport de 404 Media, cette pratique s’est répandue au point que des librairies bien établies cherchent également à en tirer profit. Un exemple est ISBNdb, qui se vante d’avoir “la plus grande base de données de livres au monde”. Cette entreprise souligne que les livres imprimés de l’ère précédant les modèles d’IA (avant 2022) sont garantis sans pollution par des contenus de mauvaise qualité. Elle aide maintenant les entreprises d’IA à effectuer des achats en gros, allant de 1 000 à un million de livres par commande.

Un problème d’image et d’éthique

Bien que ces transactions soient rentables, elles suscitent des préoccupations éthiques. ISBNdb veille à garder discrètes ces transactions, consciente que l’impression “Une entreprise d’IA détruit deux millions de livres” ne fera pas bonne impression. Ce souci d’image est bien présent lorsque l’on considère les conséquences pour l’industrie du livre.

Témoignages de libraires

Un petit libraire a récemment constaté une forte demande, passant de 20 ventes par semaine à des centaines, soupçonnant que ses clients étaient des laboratoires d’IA. Son stock, rempli de livres rares et épuisés, risque d’être décimé, ce qui laisse peu de copies disponibles. Il exprime des sentiments ambivalents quant à cette évolution : bien que cela soit financièrement bénéfique pour lui, il déplore la destruction de livres uniques.

La menace pour les livres anciens

Il est à craindre que les livres anciens ne soient de plus en plus menacés. Des libraires aux Pays-Bas signalent une augmentation des commandes en gros qu’ils attribuent aux entreprises d’IA, même s’ils ne peuvent pas en être certains. Des soupçons similaires circulent dans l’ensemble du secteur, où des services comme ISBNdb facilitent ces transactions, maintenant l’anonymat des acheteurs.

FAQ

Quels types de livres sont principalement achetés par les entreprises d’IA ?

Les entreprises d’IA se concentrent souvent sur des livres anciens et épuisés, car ils sont considérés comme libres de contenu de mauvaise qualité associé aux publications plus récentes.

Comment les libraires réagissent-ils à ces pratiques ?

Les libraires expriment des sentiments partagés ; certains sont ravis de la rentabilité accrue, tandis que d’autres craignent de perdre des livres uniques et significatifs.

Quelles sont les implications légales de cette méthode d’acquisition de livres ?

L’utilisation de la doctrine de la première vente par ces entreprises pose des questions sur la protection des droits d’auteur et l’impact sur l’intégrité des œuvres littéraires.

Existe-t-il des alternatives pour les entreprises d’IA ?

Des alternatives, telles que la création de contenus originaux ou l’utilisation de livres avec des licences spécifiques pour un usage en IA, commencent à être explorées.

Que peuvent faire les auteurs pour protéger leurs œuvres ?

Les auteurs peuvent envisager de renouveler leurs droits d’auteur et de s’engager dans des discussions sur les droits liés à l’utilisation numérique de leurs œuvres.

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