Intelligence Artificielle

Le Choc d’Internet : CNET Dévoile des Articles Rédigés par une IA

Le Choc d'Internet : CNET Dévoile des Articles Rédigés par une IA

Cette semaine, il a été révélé que le site d’actualités technologiques populaire, CNET, avait publié secrètement des articles rédigés entièrement par une intelligence artificielle pendant plusieurs mois, sans indiquer clairement que ces textes étaient générés par une machine.

Contrairement aux rapports automatisés utilisés par des agences telles que l’Associated Press, ces articles – au nombre de 75 et plus – sont des analyses financières substantielles, et ne se limitent pas à des mises à jour basiques. Ils semblent être issus d’une intelligence artificielle plus puissante, semblable à GPT-3 d’OpenAI. CNET n’a pas précisé quel modèle était utilisé pour la rédaction de ces articles, cultivant ainsi un climat de secret autour de cette initiative.

De nombreux professionnels des médias ont exprimé leur mécontentement face à cette situation.

“C’est seulement le début”, a tweeté le journaliste du Washington Post, Nathan Grayson, en réponse à cette nouvelle. “La combinaison de l’agrégation d’informations et de l’explication par une IA va sûrement mener à une qualité de travail inférieure et à une diminution des emplois.”

“Je réfléchis souvent à ces sujets, étant moi-même victime d’un licenciement d’un poste de relecteur, à cause de cette idée que les outils d’IA peuvent remplacer le travail humain,” a écrit un autre rédacteur. Luke Plunkett de Kotaku a qualifié le programme de “déplorable.”

Les articles en question étaient publiés sous la mention “CNET Money Staff”, ce qui laissait penser que des rédacteurs humains étaient les principaux auteurs. En réalité, le contenu est “généré à l’aide de technologies d’automatisation” avant d’être révisé par un éditeur humain. Alarmant, ce n’est qu’en cliquant sur la mention que l’on peut découvrir cette information dans un petit message déroulant.

Cette manière de procéder est assez discutable, surtout pour un nom aussi réputé. D’autres grands sites d’actualités, comme AP et le LA Times, précisent explicitement lorsque le contenu est rédigé par un bot ou incluent une déclaration claire sur l’utilisation de l’IA.

Le système de CNET semble en outre plus sophistiqué qu’un simple bot. Utiliser une IA pour produire des mises à jour automatiques est une chose, mais en faire des articles complets sans en informer le public est un nouveau niveau de préoccupation, déplaisant même aux anciens employés de l’entreprise.

“En tant qu’ancien membre de l’équipe de CNET, je trouve cela extrêmement décevant et démoralisant, mais ce n’est pas surprenant,” a tweeté Kyle Hyatt, désormais rédacteur pour Jalopnik. “Quel choix reste-t-il lorsque vous licenciez tous vos rédacteurs talentueux et fidèles ?”

Des employés actuels ou anciens de CNET souhaitant discuter de cette transition vers des articles générés par l’IA peuvent contacter tips@futurism.com pour partager leur opinion, même de manière anonyme.

Il semblerait qu’une certaine gêne entoure ce projet remplacant les humains chez CNET, un membre du personnel ayant exprimé n’avoir même pas été au courant de ces articles jusqu’à ce que nous en parlions. L’entreprise n’a pas répondu aux questions de Futurism ou d’autres médias, et n’a pas non plus émis de déclaration publique à ce sujet.

Néanmoins, CNET semble consciente des réactions. Après notre rapport, elle a retiré “staff” des mentions des articles générés par l’IA, les renommant simplement “CNET Money”. Bien que la divulgation demeure dans un petit message déroulant, elle indique désormais “créé à l’aide d’un moteur IA”, au lieu de “technologie d’automatisation”.

Cette légère modification ne rend cependant pas la situation plus transparente. “CNET Money Staff” était trompeur, mais un nom abrégé en “CNET Money” n’apporte guère plus de clarté.

Enfin, ces manipulations ne changent rien au fait amer que la rédaction d’articles explicatifs comme ceux-ci était un emploi réel.

“Écrire ce genre d’articles a été ma manière de vivre pendant ma vingtaine,” a confié Brenden Gallagher, scénariste. “C’est une décision honteuse de la part de CNET.”

Les défenseurs de l’utilisation de l’IA dans le journalisme justifient cela comme un moyen de libérer les journalistes surchargés de tâches répétitives. Mais il est difficile d’imaginer que les responsables des médias s’arrêtent là si la technologie continue d’évoluer.

De plus, la version actuelle de GPT-3 “ne peut pas remplacer les fonction d’un journaliste”, a écrit un reporter de CNET dans un article publié le mois dernier, intitulé “ChatGPT est une IA époustouflante, mais les emplois humains sont pour l’instant en sécurité.”

Dans l’ensemble, cela dépend sans doute de la manière dont on définit le mot “journaliste”. L’IA n’est peut-être pas encore en train de chasser les pistes chez CNET, mais elle pousse certainement les rédacteurs à quitter leurs bureaux.

Ce texte a été mis à jour pour clarifier certains détails sur les précédents rapports de CNET concernant la capacité de GPT-3 à remplacer des journalistes.

À propos de l’IA : Microsoft travaille sur un accord pour intégrer GPT d’OpenAI dans MS Word.

## FAQ

### Qu’est-ce qu’OpenAI et GPT-3 ?
OpenAI est une organisation de recherche en intelligence artificielle qui a développé plusieurs modèles d’IA, dont GPT-3, capable de générer du texte de manière autonome.

### Comment CNET utilise-t-il l’IA ?
CNET utilise l’IA pour générer des articles financiers complets, mais le fait sans transparence sur la provenance des contenus.

### Quels sont les risques d’une utilisation accrue de l’IA dans le journalisme ?
L’utilisation de l’IA pourrait mener à une diminution de la qualité des articles et à une perte d’emplois pour les rédacteurs humains.

### Les lecteurs sont-ils informés de l’utilisation de l’IA dans les articles ?
Dans le cas de CNET, une mention très discrète est faite sur l’utilisation de l’IA, ce qui peut prêter à confusion pour les lecteurs.

### Quelle est la réaction des professionnels du journalisme face à cette situation ?
Bon nombre de journalistes et d’anciens employés expriment leur mécontentement, soulignant des préoccupations éthiques et professionnelles face à cette tendance.

Quitter la version mobile