Des robots tueurs légers et peu coûteux se profilent à l’horizon, et les principales puissances militaires, notamment les États-Unis, n’agissent que très peu pour les empêcher.
Dans une interview accordée à TheNextWeb, Max Tegmark, un chercheur en intelligence artificielle et en armement au MIT, a alerté sur le fait que ces « robots tueurs », déjà en développement par les armées, pourraient rapidement se retrouver entre les mains de civils.
Selon lui, ces robots seront “**petits**”, “**abordables**”, et **légers**, à l’image des smartphones, mais également **puissants et polyvalents**. Il est évident que la légalisation d’armes de destruction massive aussi puissantes ne sert pas les intérêts de sécurité nationale de ces pays.
Le contexte général est tout aussi inquiétant. Les États-Unis, la Russie et la Chine se sont tous déclarés **contre** un interdit global sur ce qu’on appelle les « **armes autonomes légales** » (LAWs) avant un débat et un vote de résolution aux Nations Unies cette semaine.
Un diplomate anonyme a commenté à Reuters qu’il n’y a « **pas assez de soutien** pour lancer un traité à ce stade », mais qu’ils espèrent parvenir à un consensus sur quelques « **principes** » acceptés nation par nation.
Bien que de tels compromis puissent fonctionner à Genève, des chercheurs et des activistes comme Tegmark et Claire Conboy de la coalition Stop Killer Robots estiment que cela ne suffit pas. Conboy a déclaré à Reuters que « **le rythme des avancées technologiques dépasse réellement celui des discussions diplomatiques** ».
Le Future of Life Institute (FLI) de Tegmark au MIT a récemment produit un film abordant les dangers de cette technologie. Le futur qu’imagine l’institut ressemble à un **scénario apocalyptique**, avec des drones de reconnaissance faciale, des robots impliqués dans des vols, et des exécutions de masse motivées politiquement.
Le co-fondateur du FLI a indiqué à TNW que ces robots tueurs seraient particulièrement utiles pour les cartels de la drogue.
« Si vous pouvez acheter un robot tueur au prix d’un AK-47 », a-t-il dit, « c’est clairement plus avantageux pour les cartels, car cela signifie que vous ne serez plus arrêté après avoir tué quelqu’un. »
« Même avec de nombreux gardes du corps, vous pouvez entrer par une fenêtre de chambre pendant le sommeil de quelqu’un et l’éliminer », a-t-il ajouté. « Et cela ira bien au-delà. Bientôt, quiconque souhaitant éliminer quelqu’un pour n’importe quelle raison pourra le faire sans difficulté. »
Naturellement, cette technologie existe déjà et a été utilisée sur des champs de bataille.
En effet, NPR a rapporté plus tôt cette année que des drones autonomes ont été employés dans un affrontement entre factions militaires libyennes en mars 2020, bien que les chercheurs aient noté qu’il ne semble pas qu’il y ait eu des victimes. De plus, Israël a également utilisé un fusil de sniper robotique assisté par IA pour assassiner un scientifique nucléaire iranien l’année dernière.
Les États-Unis, il est vrai, s’engagent dans un processus visant à demander l’autorisation du Congrès pour développer des armes autonomes, bien qu’il semble que ce ne soit qu’une question de temps avant qu’ils n’inscrivent des **Terminator** sur leur liste de souhaits. Ce fait, associé aux signaux indiquant que la délégation américaine aux Nations Unies s’opposera à un traité contre les LAWs, est particulièrement révélateur.
Il est évident que c’est effrayant d’imaginer un avenir futur où n’importe quel citoyen pourrait acheter et programmer un drone pour tuer quelqu’un d’autre, mais il ne faut pas oublier que des drones opérés par des humains existent déjà et ont causé la mort de nombreuses personnes dans les mains des militaires, avec les États-Unis en tête.
Avec l’engouement pour l’automatisation touchant divers secteurs, de l’agriculture à la fabrication d’armements, il n’a pas fallu longtemps avant que quelqu’un décide de retirer l’élément humain des frappes de drones. Permettre l’accès à ces « robots tueurs » au grand public est donc une conséquence logique.
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FAQ
Qu’est-ce qu’un robot tueur ?
Un robot tueur est un appareil armé capable de prendre des décisions autonomes pour cibler et éliminer des personnes sans intervention humaine.
Quels sont les risques associés à cette technologie ?
Les risques incluent la possibilité d’erreurs de ciblage, des atteintes aux droits de l’homme, et la prolifération de ces armes entre des acteurs non étatiques comme des terroristes ou des cartels.
Pourquoi les grandes puissances militent-elles contre un traité d’interdiction ?
Les grandes puissances estiment que la régulation de ces armes pourrait entraver leur capacité à développer des technologies militaires avancées et à maintenir un avantage stratégique.
Est-ce que des drones autonomes ont déjà été utilisés dans des conflits ?
Oui, des drones autonomes ont été utilisés dans des conflits armés, notamment en Libye, bien qu’il n’y ait pas eu de pertes humaines confirmées par leurs actions.
Quel rôle joue la diplomatie dans le contrôle de ces technologies ?
La diplomatie est cruciale pour établir des normes internationales et des accords qui pourraient limiter ou interdire l’utilisation de robots tueurs, mais elle avance lentement par rapport à l’innovation technologique.

