Un Picasso à l’ère de l’intelligence artificielle
Les chercheurs explorent l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour développer un nouveau système de création artistique. Ce système s’appuie sur un réseau antagoniste génératif (GAN), qui se compose de deux réseaux de neurones : un générateur, responsable de la création d’images, et un discriminateur, chargé d’évaluer ces œuvres. En se basant sur un vaste répertoire de 81 500 tableaux et sur divers styles artistiques, allant du baroque à l’impressionnisme, ces réseaux interagissent pour aboutir à des créations nouvelles.
Pour innover, les scientifiques ont modifié la méthode habituelle de création artistique par IA en orientant le générateur vers des œuvres qui ne s’inscrivent pas dans des catégories préexistantes, maximisant ainsi la détournement des styles établis tout en minimisant leur proximité avec les œuvres classiques.
Le Laboratoire d’Art et Intelligences Artificielles
Mark Riedl, un professeur associé du Georgia Institute of Technology, a exprimé son enthousiasme pour cette démarche. Il a souligné que c’est la première recherche qu’il observe qui sort des normes habituelles des GANs.
Après la création des œuvres, les scientifiques ont mené une enquête auprès du public en présentant à la fois les œuvres générées par IA et celles d’artistes humains. Les résultats ont révélé que les participants préféraient largement les créations issues de l’IA, les jugeant plus novatrices, complexes et inspirantes.
L’œuvre d’art à l’ère de la création mécanique
Paul Valéry, une référence pour Walter Benjamin dans son essai « L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique », a écrit en 1931 : « Nous devons nous attendre à de grandes innovations qui transformeront la technique des arts, affectant ainsi l’invention artistique elle-même et peut-être même notre conception de l’art. » Valéry évoquait une époque moderne où nouveaux procédés et idéologies ont redéfini notre perception de l’art. Nous traversons peut-être une réévolution similaire.
Benjamin critiquait la possibilité d’une reproduction exacte des œuvres d’art, soutenant que « même la reproduction la plus parfaite d’une œuvre manque d’un élément : sa présence dans le temps et l’espace. »
Le projet d’IA en question parvient à produire des œuvres authentiques sans se limiter à une simple copie, contrairement à des systèmes comme Google Deep Dream. Il peut créer des œuvres originales là où elles sont programmées pour émerger. Ce phénomène évoque plus une création comme celle d’Aiva, un compositeur IA, qu’une simple imitation comme celle de Deep Dream.
Nous entrons dans une ère où l’IA devient omniprésente et performante dans de nombreux domaines. Elon Musk prévoit qu’elle dépassera l’humain d’ici 2030. Historiquement, l’art a été considéré comme un domaine réservé à l’humanité, quelque chose de profondément humain que l’IA ne pourrait jamais reproduire.
FAQ
Qu’est-ce qu’un réseau antagoniste génératif (GAN) ?
Un GAN est une architecture d’IA où deux réseaux de neurones s’affrontent : l’un génère des images tandis que l’autre les évalue, permettant ainsi une amélioration continue des créations.
L’intelligence artificielle peut-elle vraiment créer des œuvres d’art originales ?
Oui, des systèmes d’IA comme ceux basés sur des GAN peuvent produire des œuvres considérées comme originales, en s’éloignant des styles existants.
Quel impact l’IA a-t-elle sur le monde de l’art ?
L’IA pourrait redéfinir notre conception de l’art, remettant en question le statut des artistes humains et ouvrant la voie à de nouvelles formes d’expression.
Avons-nous des exemples concrets d’œuvres d’art créées par IA ?
Des œuvres générées par IA, exposées dans des galeries d’art, ont parfois été vendues pour des sommes considérables, attestant de leur reconnaissance par le public.
Peut-on comparer les œuvres d’art créées par l’IA à celles des artistes humains ?
Les goûts sont subjectifs, mais des études montrent que le public peut trouver les créations d’IA plus novatrices et inspirantes que celles réalisées par des humains.
