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L’essor de l’IA dans la création de contenu
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle (IA) est capable de rédiger des articles de blog, générer des images, narrater des vidéos et publier du contenu à une vitesse impressionnante. Cela a conduit à la prolifération de guides de voyage écrits par IA qui ne semblent offrir aucune information pertinente, de vidéos étranges sur YouTube avec des scénarios dignes de soap-opéras mettant en vedette des chats, ainsi que de publications sur les réseaux sociaux qui semblent informatives mais manquent de substance.
La notion de “slop” de l’IA
Ce surplus de contenu de faible qualité est désigné par le terme “slop AI”. Ce terme a gagné en popularité car les outils d’IA générative rendent la création de contenu plus rapide, moins coûteuse et plus facile à échelle. Bien que tous les documents produits par l’IA ne soient pas de mauvaise qualité, le “slop” désigne des contenus qui privilégient la quantité plutôt que la qualité. À mesure que ce terme se répand, les internautes s’interrogent sur la véritable nature de ce “slop” et les types de contenus générés qu’ils rencontrent en ligne.
Que signifie “slop AI” ?
Le terme “slop AI” désigne des contenus numériques jugés de faible qualité, créés en masse par des outils d’IA générative. Bien que ces contenus puissent sembler soignés ou rigoureux au premier abord, une inspection plus attentive révèle souvent leur manque d’originalité, de sources fiables ou d’une vraie intention. Au lieu de servir à informer ou distraire, ces contenus visent principalement à accumuler des vues, à bien se classer dans les résultats de recherche ou à générer des revenus publicitaires.
Depuis son apparition au début des années 2020, le terme a pris de l’ampleur entre 2022 et 2023, coïncidant avec l’accessibilité croissante des outils d’IA générative. En 2024, il est devenu un sujet de conversation courant, triste reflet d’une frustration accrue face à l’abondance de contenus de moindre valeur en ligne.
En 2025, le dictionnaire Merriam-Webster a désigné le mot “slop” comme le mot de l’année, soulignant ainsi sa pertinence culturelle. La définition du dictionnaire décrit ce type de contenu comme étant de faible qualité, produit généralement en grande quantité grâce à l’IA. Cette description a trouvé un écho auprès des utilisateurs d’Internet, de plus en plus submergés par des contenus qui, bien que présentant une apparence achevée, manquent en réalité de profondeur.
L’entrée du “slop AI” dans la culture quotidienne
Avec la popularité croissante de cette expression, des médias majeurs ont commencé à l’employer pour décrire des changements plus larges dans le contenu en ligne. Selon The Guardian, plus de 20 % des vidéos proposées par l’algorithme de YouTube à de nouveaux utilisateurs étaient du “slop AI”. Le média a cité une étude de l’entreprise de montage vidéo Kapwing, qui a examiné 15 000 des chaînes YouTube les plus populaires, y compris les 100 meilleures de chaque pays.
Elles ont identifié que 278 de ces chaînes étaient entièrement dédiées au “slop AI”, cumulant plus de 63 milliards de vues et 221 millions d’abonnés, générant ainsi environ 117 millions de dollars de revenus annuels. Le Wall Street Journal n’a pas manqué de souligner que le “slop AI est partout”, tout en admettant l’attrait étrange que peuvent avoir certaines vidéos virales générées par l’IA. Des critiques ont pointé du doigt des entreprises accusées de contribuer à une marée d’appels au “slop AI”, rendant floue la distinction entre le contenu authentique et celui trompeur.
Des inquiétudes ont également été exprimées quant à l’utilisation abusive des outils d’IA malgré certaines protections mises en place, notamment pour porter atteinte à la réputation des utilisateurs et diffuser de fausses informations.
La présence du “slop AI” sur différentes plateformes
Le “slop AI” est omniprésent sur diverses plateformes et se manifeste sous des formes variées, souvent reconnaissables grâce à des schémas récurrents.
Sur YouTube et TikTok, les vidéos générées par l’IA présentent souvent des animaux en train de parler, des intrigues melodramatiques, et une narration synthétique, fréquemment publiées par des chaînes qui mettent en ligne des clips presque identiques chaque jour.
Des éléments de ce type de contenu apparaissent également dans la publicité numérique, où des images générées par l’IA montrent des mains déformées, des proportions étranges ou des mises en scène de produits illogiques. Ces annonces peuvent d’abord sembler bien réalisées, mais se révèlent souvent décevantes sous un examen plus attentif.
Au-delà des plateformes publiques, le “slop AI” pénètre également les librairies en ligne et les environnements de travail. On y trouve de nombreux livres générés par IA aux couvertures génériques inondant les vitrines numériques, tandis que des rapports et résumés créés automatiquement à l’intérieur des organisations, parfois appelés “workslop”, peuvent sembler professionnels tout en manquant d’éléments pertinents.
Les enjeux du “slop AI”
Le “slop AI” est devenu plus qu’une simple blague culturelle. Des chercheurs en médias et des opérateurs de plateformes avertissent qu’il peut miner la confiance envers les informations en ligne, écraser les travaux de meilleure qualité et compliquer la tâche aux utilisateurs pour identifier des sources crédibles. En réponse, les moteurs de recherche ainsi que les plateformes sociales adaptent leurs politiques de modération et de classement pour diminuer la visibilité de ces contenus peu valorisants générés par IA.
L’enseignement pour les organisations n’est pas d’éviter l’IA, mais de l’utiliser de manière responsable. L’essor du “slop AI” souligne la nécessité d’une surveillance humaine, de normes de qualité, et d’une planification rigoureuse. En l’absence de ces garde-fous, les outils d’IA ne seraient rien d’autre que des déchets numériques.
Pour un exemple récent illustrant comment des contenus AI de faible qualité peuvent donner lieu à des problèmes concrets, consultez notre couverture de la controverse autour du deepfake de Grok AI.
FAQ
Qu’est-ce que l’IA générative ?
L’IA générative fait référence à des algorithmes capables de créer du contenu, que ce soit des textes, des images ou même des vidéos.
Comment le “slop AI” influence-t-il le contenu de qualité ?
Le “slop AI” inonde le marché avec des contenus peu soignés, rendant difficile la distinction entre contenu de qualité et contenu superficiel pour les utilisateurs.
Quels sont les risques liés à l’utilisation de l’IA dans la création de contenu ?
Les risques incluent la diffusion de fausses informations, la déformation des vérités, et la possibilité d’abuser de l’image et de la réputation des individus.
Comment les plateformes réagissent-elles au “slop AI” ?
Les plateformes comme Google et Facebook modifient leurs algorithmes pour diminuer la visibilité des contenus jugés de faible qualité.
L’utilisation de l’IA est-elle toujours négative ?
Non, l’IA peut être utilisée de manière positive si elle est encadrée par des principes de qualité et de supervision humaine.
