Énergie

Tissus en coton : une innovation qui génère de l’électricité à partir de l’humidité pour alimenter LEDs et appareils.

Tissus en coton : une innovation qui génère de l'électricité à partir de l'humidité pour alimenter LEDs et appareils.

Une découverte révolutionnaire sur le coton

Des chercheurs ont prouvé que le coton peut être utilisé comme une source d’énergie capable de récupérer de l’électricité à partir de l’humidité. En effet, ils ont élaboré une méthode pour transformer du tissu en coton ordinaire en un générateur électrique autonome qui fonctionne aussi bien de jour que de nuit. Cet appareil exploite l’énergie contenue dans l’humidité ambiante.

Cette avancée repose sur des revêtements polymères spécialement conçus, qui assurent un flux continu d’ions. Grâce à cette technique, il est possible d’obtenir un rendement électrique stable, sans avoir besoin de batteries ou de sources d’énergie externes.

Les propriétés des revêtements polymères

Le tissu en question est revêtu de polypyrrole et de polydopamine, deux polymères ayant des caractéristiques optiques et chimiques opposées.

Le polypyrrole a la capacité d’absorber la lumière sur une large gamme de longueurs d’onde et se transforme efficacement en chaleur. En plein soleil, il chauffe rapidement, ce qui entraîne une évaporation rapide de l’eau. En revanche, la polydopamine réfléchit davantage la lumière et permet une évaporation plus lente, conservant ainsi l’humidité.

Les chercheurs ont recouvert seulement une moitié du tissu traité au polypyrrole avec de la polydopamine. Cette configuration asymétrique garantit qu’un côté du tissu reste relativement humide tandis que l’autre se sèche continuellement. Cela crée un gradient d’humidité constant qui favorise le transport des ions à travers les canaux microscopiques du coton.

Un générateur d’humidité par évaporation photothermique

L’équipe a conçu un générateur d’humidité appelé PEMG (Photothermal Evaporation-Driven Moisture Generator). Ce dispositif modifie le tissu en coton par la polymérisation de pyrrole sur site, combiné à un film coloré structuré de polydopamine pour établir un gradient thermique photothermique asymétrique.

Il a été démontré que ce revêtement asymétrique améliore significativement la production d’électricité en évitant les problèmes liés à la saturation par adsorption d’eau. Ainsi, les unités PEMG (six en série) peuvent atteindre une tension à circuit ouvert (Voc) allant jusqu’à 1,18 V sous une intensité solaire moyenne de 1000 W m⁻² et 43% d’humidité relative (HR). Pendant la nuit, la Voc diminue à 0,72 V avec un taux d’humidité de 52%. Des systèmes portables intégrant des unités PEMG fournissent suffisamment d’énergie pour alimenter divers appareils électroniques.

Processus de fabrication du générateur

La fabrication débute par le trempage de coton non traité dans une solution contenant des monomères de pyrrole et divers additifs. La polymérisation est engagée directement sur les fibres, formant ainsi une couche conductrice et noire de polypyrrole qui capte presque toute la lumière. Ensuite, une moitié du tissu est exposée à une solution alcaline de dopamine pendant environ une journée.

Les molécules de dopamine s’assemblent pour créer un film ultra-fin dont l’épaisseur engendre des effets d’interférence lumineuse, donnant au tissu une couleur violette éclatante, similaire à celle des bulles de savon. Ce film absorbe nettement moins de lumière que le polypyrrole, créant ainsi un contraste thermique.

Sous l’effet de la lumière simulée, le côté polypyrrole devient beaucoup plus chaud que le côté polydopamine, ce qui accélère l’évaporation d’un côté et maintient un flux d’eau constant de l’autre. En reliant plusieurs unités de tissu en série, les chercheurs ont réussi à assurer un fonctionnement continu pendant la nuit, alimentant même des lampe LED pendant plus de 24 heures.

Perspectives pour l’électronique portable

Cette technologie présente un énorme potentiel pour l’électronique portable. Lorsqu’elle est intégrée dans des vêtements comme un gilet, le tissu génère des tensions élevées pendant les activités extérieures, car la sueur contribue à l’humidité ambiante. L’énergie ainsi captée est suffisante pour charger des condensateurs, alimenter de petites lumières ou même faire fonctionner des appareils audio sans fil.

Des tests mécaniques ont montré que la flexion, la friction et le lavage n’affectent que peu la performance du tissu, soulignant ainsi la robustesse des revêtements polymères et leur adéquation à un usage quotidien. Les chercheurs ont également étudié l’impact des conditions environnementales, notant qu’une humidité acide augmentait considérablement la tension, car les protons agissent comme des transporteurs de charge efficaces.

FAQ

Quelles applications pratiques peut-on envisager pour cette technologie ?

Cette technologie pourrait être utilisée dans la fabrication de vêtements, d’accessoires et d’appareils pour collecter de l’énergie dans des environnements variés sans avoir recours à des sources d’énergie externes.

Quelle est la durabilité de ces systèmes ?

Contrairement aux batteries traditionnelles, ces dispositifs ne nécessitent pas de recharges fréquentes et possèdent une durée de vie prolongée grâce à l’absence de composants rigides.

Les conditions météorologiques peuvent-elles affecter la performance ?

Oui, des éléments comme l’humidité, la température et même la qualité de l’eau peuvent influencer le rendement énergétique du système.

Peut-on envisager cette technologie pour d’autres matières que le coton ?

Les recherches sont en cours pour explorer l’utilisation de cette technologie avec d’autres matériaux textiles, ce qui pourrait élargir son domaine d’application.

Comment cette technologie pourrait-elle contribuer à des solutions énergétiques durables ?

En captant l’énergie renouvelable à partir de l’humidité ambiante, cette approche peut faciliter l’accès à de l’électricité, en particulier dans les zones rurales ou isolées, réduisant ainsi la dépendance aux sources d’énergie fossiles.

Quitter la version mobile