Énergie

Réacteur de Cambridge : un recyclage des gaz à 99 % pour une production d’hydrogène durable

Réacteur de Cambridge : un recyclage des gaz à 99 % pour une production d'hydrogène durable

Innovations à l’Université de Cambridge

Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont récemment réalisé une avancée majeure en produisant simultanément des nanotubes de carbone (CNT) et de l’hydrogène propre. Ce processus innovant évite la formation de dioxyde de carbone en utilisant du méthane in situ.

Une méthode améliorée pour la production de nanotubes

Cette nouvelle approche permet d’augmenter la production de CNT par un facteur de plus de huit, tout en générant une grande quantité d’hydrogène pur. Le gaz hydrogène est particulièrement prisé, car il brûle sans émettre de carbone, répondant ainsi à la demande croissante des pays souhaitant réduire leur dépendance aux énergies fossiles.

Les limites des méthodes de production actuelles

Actuellement, les méthodes de production d’hydrogène, telles que le reformage du méthane à la vapeur, génèrent du monoxyde de carbone comme sous-produit. Les chercheurs de Cambridge se sont penchés sur une autre réaction impliquant le méthane, connue sous le nom de pyrolyse du méthane, qui produit des nanotubes de carbone et libère une petite quantité d’hydrogène.

Optimisation de la pyrolyse du méthane

Les scientifiques se sont demandés s’il était possible d’améliorer davantage cette réaction pour produire de grandes quantités d’hydrogène. La production traditionnelle de CNT utilise généralement un réacteur à litFluidisé ou à lit fixe. Des tentatives ont été faites pour passer à un catalyseur en phase gazeuse, ce qui permettrait d’obtenir des CNT de meilleure qualité et plus longs, optimaux pour les électrodes de batteries lithium-ion, un secteur en pleine expansion.

Le processus de dépôt chimique en phase vapeur avec catalyseur flottant (FCCVD) repose également sur le méthane, mais nécessite d’ajouter de l’hydrogène pour éviter la formation de suie.

Défis du processus FCCVD

Augmenter l’échelle du FCCVD est complexe, car il exige d’importantes quantités d’hydrogène dès le départ. Ce procédé produit légèrement plus d’hydrogène que la quantité initiale. Dans son fonctionnement classique, le méthane est introduit dans le réacteur uniquement une fois avant d’être évacué, ce qui engendre un gaspillage significatif. Pour remédier à cela, les chercheurs ont choisi de recycler le flux de gaz, permettant ainsi une consommation complète du méthane pour la production de CNT. Cela a également permis de réduire le besoin d’ajout d’hydrogène.

Gains d’efficacité

Actuellement, il existe un système FCCVD en phase pilote qui fonctionne selon une configuration à passage unique. Pour tester leur système à multipass, les chercheurs ont construit un réacteur à l’échelle laboratoire. Après avoir fait passer le flux de gaz à travers le réacteur à une température de 1300°C, une petite partie du gaz a été retirée pour capturer l’hydrogène, tandis que les CNT étaient collectés sous forme de mat. Bien que le gaz soit composé d’autres hydrocarbures et d’hydrogène sulfuré, ces éléments n’affectent pas la production de CNT.

L’utilisation d’un système fermé permet de diminuer considérablement le gaspillage généré par le réacteur. Par rapport à un réacteur à passage unique, l’équipe a rapporté une amélioration de 8,7 fois du rendement en carbone et une augmentation de 446 fois de l’efficacité du processus molaire.

Simulation et nouveaux ingrédients

Pour comprendre comment ce système fonctionnerait dans un cadre réel, l’équipe a élaboré un modèle informatique à partir de données d’une usine commerciale, aboutissant à une simulation précise. Selon leurs résultats, le réacteur à multipass transforme 75 % du gaz dans le système en CNT et hydrogène dans un rapport de 3:1.

Le réacteur de laboratoire a également fonctionné avec un mélange de méthane et de dioxyde de carbone, tentant de simuler les résultats d’une centrale à biogaz. Si cette méthode peut être mise à l’échelle, les scientifiques pourraient envisager la production de CNT de haute qualité et d’hydrogène propre.

Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue Nature.

FAQ

Quels sont les avantages des nanotubes de carbone ?

Les nanotubes de carbone sont utilisés dans diverses applications technologiques, notamment comme conducteurs électriques dans les batteries et les membranes, grâce à leurs propriétés de haute résistance et légèreté.

La méthode de pyrolyse du méthane peut-elle être appliquée à d’autres gaz ?

Bien que cette méthode se concentre principalement sur le méthane, d’autres hydrocarbures pourraient potentiellement être adaptés pour une pyrolyse similaire, ouvrant la voie à d’autres sources de production.

Quels défis restent à relever avant une commercialisation de cette technologie ?

Des défis techniques et économiques subsistent, notamment l’optimisation du coût de production de l’hydrogène et des CNT à l’échelle industrielle, ainsi que la gestion de la qualité des produits.

Comment cette recherche impacte-t-elle l’industrie de l’hydrogène ?

L’émergence de méthodes de production d’hydrogène sans émissions de carbone pourrait transformer l’industrie, favorisant la transition vers des sources d’énergie plus durables et réduisant l’impact environnemental des combustibles fossiles.

Existe-t-il d’autres recherches similaires dans le domaine ?

Oui, de nombreuses universités et centres de recherche explorent des méthodes variées pour améliorer la production d’hydrogène et de matériaux avancés, souvent dans le contexte de la durabilité et de la réduction des émissions de carbone.

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