Évacuation des eaux contaminées de Fukushima
Le Japon a terminé la dix-septième opération de déversement des eaux contaminées par des substances nucléaires issues de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, touchée par un accident sévère. Bien que débutant en août 2023 en dépit des préoccupations et oppositions internationales, cette opération a conduit à un déversement total d’environ 133 000 tonnes d’eau dans l’océan.
La Tokyo Electric Power Company (TEPCO) a annoncé son intention de réaliser, pour l’année fiscale 2025 (avril 2025 à mars 2026), sept décharges d’eaux usées, représentant environ 54 600 tonnes.
Relance de l’énergie nucléaire
Récemment, le Japon a décidé de relancer son programme d’énergie nucléaire, initiant le redémarrage de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande au monde, dans la préfecture de Niigata, presque quinze ans après le désastre de Fukushima.
État des lieux de la décontamination
La centrale nucléaire de Fukushima a été frappée par un séisme de magnitude 9,0 et un tsunami le 11 mars 2011, entraînant des fonte de cœurs de réacteurs et des émissions de radiations massives, classées comme un accident nucléaire de niveau 7 selon l’échelle internationale. Depuis cet incident, la centrale a généré d’énormes quantités d’eau contaminée par les produits radioactifs utilisés pour le refroidissement des cœurs.
L’évacuation des eaux a été temporairement interrompue le 8 décembre 2023 suite à un fort séisme près de la préfecture d’Aomori, mais a redémarré le lendemain. Lors de cette dernière opération, environ 7 833 tonnes de eaux usées contenant environ 2,4 trillions de becquerels de tritium radioactif ont été déversées dans l’océan, comme l’a rapporté China Daily.
TEPCO prévoit que l’évacuation du combustible fondu du troisième réacteur prendra entre 12 et 15 ans en raison de la nécessité de réduire les niveaux de radiation et de préparer les infrastructures adéquates pour accéder au réacteur. On estime qu’il reste au moins 880 tonnes de combustible nucléaire fondu à l’intérieur des réacteurs, accompagnées de structures internes endommagées et de débris.
En début d’année, TEPCO a utilisé un robot géant doté d’un bras de 22 mètres pour prélever un échantillon de combustible. Ce matériau, appelé “débris de combustible”, résulte de la fusion des barres de combustible avec les composants internes des réacteurs à cause de la chaleur intense.
Un nouveau tournant pour l’énergie nucléaire
La préfecture de Niigata a donné son feu vert pour le redémarrage de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, exploitée par TEPCO, qui est l’un des 54 réacteurs arrêtés suite à l’accident de Fukushima. Jusqu’à présent, le Japon avait relancé 14 de ses 33 réacteurs, dans le but de diminuer sa dépendance aux combustibles fossiles importés.
La première relance est prévue pour le 20 janvier, selon le diffuseur public NHK. Cette décision fait suite à un vote de confiance en faveur du gouverneur Hideyo Hanazumi, favorable à cette reprise, ce qui a permis de lever le dernier obstacle local.
Le redémarrage d’un seul réacteur pourrait augmenter l’approvisionnement en électricité dans la région de Tokyo d’environ 2 %, ce qui serait particulièrement pertinent pour répondre à la demande d’énergie croissante entraînée par les centres de données d’intelligence artificielle, demeurant cependant dans un contexte de diminution de la population.
Le Premier ministre Sanae Takaichi, en fonction depuis seulement deux mois, soutient également les redémarrages nucléaires pour sécuriser l’approvisionnement énergétique et réduire les coûts liés au charbon et au gaz naturel liquéfié, qui se chiffrent à 68 milliards de dollars (10,7 billions de yens) l’année dernière.
TEPCO a promis un investissement de 641 millions de dollars (100 milliards de yens) sur les dix prochaines années afin de gagner le soutien local. Cependant, les inquiétudes du public demeurent vives, avec environ 300 manifestants rassemblés devant l’assemblée de Niigata. Environ 60 % des résidents estiment que les conditions pour le redémarrage ne sont pas adéquates, et près de 70 % expriment des préoccupations sur la gestion par TEPCO. Ce redémarrage marquerait la première réactivation d’un réacteur par TEPCO depuis Fukushima, dans un climat de débat persistant sur la sécurité nucléaire et la politique énergétique.
FAQ
Quelles sont les conséquences de la libération d’eau contaminée pour l’environnement?
La libération d’eaux contaminées peut potentiellement affecter la vie marine et poser des risques pour les écosystèmes côtiers, en fonction des niveaux de toxicité et des concentrations de substances radioactives.
Quels sont les avantages de la relance de l’énergie nucléaire pour le Japon?
La relance de l’énergie nucléaire peut aider le Japon à réduire sa dépendance par rapport aux importations d’énergie, réduire les émissions de Gaz à effet de serre et garantir un approvisionnement énergétique stable pour ses citoyens.
Comment les habitants voisins perçoivent-ils le redémarrage des réacteurs nucléaires?
De nombreux habitants expriment des inquiétudes quant à la sécurité des réacteurs, ainsi qu’un manque de confiance envers la gestion de TEPCO, ce qui engendre des manifestations et des préoccupations publiques.
Quels types de mesures de sécurité sont mises en place après Fukushima?
Depuis Fukushima, des mesures de sécurité renforcées ont été implémentées, incluant des technologies avancées pour la gestion des déchets nucléaires, ainsi que des protocoles d’urgence bien définis pour répondre à des incidents potentiels.
Quand la décontamination complète de la centrale de Fukushima est-elle prévue?
Le processus de décontamination et de gestion des déchets nucléaires à Fukushima devrait prendre des décennies, les estimations actuelles suggérant que cela pourrait prendre de 30 à 40 ans avant que la zone ne soit complètement sécurisée.
