Culture

Découverte d’une presse à vin de 5 000 ans : le mystère du plus ancien vin urbain enfin résolu

Découverte d’une presse à vin de 5 000 ans : le mystère du plus ancien vin urbain enfin résolu

Les archéologues ont mis au jour en Israël, près de Megiddo, un pressoir à vin d’environ 5 000 ans, au cœur d’un ancien habitat canaanéen. Cette trouvaille relie directement la naissance des villes à la production de vin, et révèle un paysage où rituels, agriculture et urbanisation avançaient de concert.

Une découverte qui éclaire les débuts des villes

À l’aube de l’urbanisation, les premiers habitants des cités ne se contentaient pas d’habiter ensemble : ils buvaient du vin et l’intégraient à leurs pratiques religieuses. Le pressoir révélé près de Tel Megiddo constitue une preuve directe que la vinification était déjà bien installée lorsque les premières agglomérations prenaient forme. Les responsables de la fouille soulignent le caractère unique de ce dispositif, qui lie production agricole et cultes à un moment charnière de l’histoire locale.

Où et pourquoi fouiller ?

Les travaux se sont concentrés dans la vallée de Jezreel, au nord du pays, sur une large emprise archéologique ouverte en amont de la construction d’une nouvelle route financée par Netivei Israel. Ce type d’intervention préventive permet d’explorer des zones étendues avant aménagement. Les premières observations ont montré une occupation précoce suivie d’une expansion rapide, en phase avec les débuts de la vie urbaine régionale.

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Le pressoir : une preuve tangible et datée

  • Le dispositif découvert est un pressoir taillé dans la roche, attribué au début du IIIe millénaire av. n. è. (environ 5 000 ans).
  • Les pressoirs sont fréquents dans le pays, mais leur datation reste souvent incertaine. Ici, le contexte stratigraphique et les éléments associés fournissent une preuve décisive d’une production de vin très ancienne.
  • Pour les directeurs de fouille, Barak Tzin et Amir Golani (Autorité des Antiquités d’Israël, IAA), l’installation se situe précisément au moment où la région entre dans une phase urbaine : un jalon rare qui ancre l’industrie du vin au cœur des premières communautés organisées.

Des traces de vie et de culte

Les archéologues n’ont pas trouvé qu’un pressoir. Ils ont aussi mis au jour des maisons et des indices d’un culte populaire cananéen daté d’environ 3 300 ans :

  • un modèle de sanctuaire en céramique,
  • un ensemble rituel zoomorphe complet,
  • une série de vases remarquablement bien conservés.

Ces objets, habituellement découverts en fragments, apparaissent ici intacts, offrant une image claire de leur forme et de leur fonction. Leur disposition suit un axe orienté vers une grande zone cultuelle visible au loin, ce qui suggère l’existence d’un culte pratiqué hors de la ville. Il est plausible que des agriculteurs opérant aux abords aient eu des lieux de dévotion dédiés, sans passer nécessairement par le sanctuaire principal.

Relier la ville à sa campagne

Le tell de Megiddo est étudié depuis plus d’un siècle. Les nouvelles fouilles menées à l’est du site complètent le tableau en révélant l’interface entre la cité et ses alentours : zones d’habitat, d’activité agricole et d’offrandes en marge des enceintes sacrées. Le pressoir de 5 000 ans inscrit la production locale de vin dans un contexte de premières villes, tandis que les dépôts rituels datés de 3 300 ans montrent la continuité de pratiques de libations et de consécrations hors du grand complexe religieux. On voit ainsi se dessiner un paysage cohérent où économie, rituel et territoire s’imbriquent.

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Ce que cela change

  • La chronologie de la vinification en Israël septentrional se précise.
  • Le rôle du vin dans la structuration des communautés et des rites apparaît plus central qu’on ne le pensait.
  • L’étude du périurbain ancien gagne un point d’appui solide, entre production agricole et pratiques cultuelles.

FAQ

Qu’est-ce qu’un “tell” et pourquoi Megiddo est-il important ?

Un tell est une colline artificielle formée par l’accumulation de couches d’occupation humaine. Megiddo est l’un des tells majeurs du Proche-Orient, crucial pour comprendre l’urbanisation et les cultes cananéens grâce à sa stratigraphie riche et continue.

Comment date-t-on un pressoir à vin aussi ancien ?

Les équipes combinent la stratigraphie, la typologie des céramiques, d’éventuels résidus organiques piégés dans la pierre ou les sédiments, et, quand c’est possible, des datations radiocarbone sur des matières associées (charbons, graines).

À quoi ressemblait la production de vin à cette époque ?

Un pressoir taillé dans le roc permettait d’écraser le raisin sur une surface plane ; le jus s’écoulait vers une cuve. La fermentation se faisait ensuite dans des jarres. C’était une production à la fois domestique et rituelle, adaptée aux besoins locaux.

Pourquoi le vin était-il si important pour les premières villes ?

Au-delà de l’aspect symbolique, le vin servait de boisson conservable, jouait un rôle dans les échanges, et intervenait dans les rites. Sa production structuraient des réseaux agricoles et participait à l’économie urbaine naissante.

Que devient le site quand une route doit être construite ?

Dans l’archéologie préventive, les zones sont fouillées, les données documentées et les objets conservés avant travaux. Selon l’importance, des ajustements de tracé, des mesures de protection ou des présentations in situ peuvent être mis en place.

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