Culture

Les premiers indices de vitalité dans la société maya, selon une étude.

Les premiers indices de vitalité dans la société maya, selon une étude.

Les rituels de passage chez les Mayas : le perçage des oreilles

L’âge est souvent accompagné de rites et de rituels dans de nombreuses cultures, et chez les Mayas, cette tradition ne fait pas exception. Dès l’enfance, les enfants mayas portaient des ornements d’oreilles, semblant évoquer les premières manifestations de leur existence. Entre quatre mois et un an, ces adorations corporelles symbolisaient leur éveil au monde.

La quête de Yasmine Flynn Arajdal

Yasmine Flynn Arajdal, une candidature au doctorat, a choisi d’étudier un aspect intéressant de la culture maya, en se concentrant sur les modifications corporelles, notamment l’étirement des oreilles. Ce processus était considéré comme un marqueur de développement au sein de la société maya, indiquant une évolution personnelle à travers les différentes étapes de la vie.

Les ornements d’oreilles revêtaient une importance symbolique chez les Mayas, en lien avec un dieu classique associé au souffle, le vent. Toutefois, la question centrale de l’étude était : à quel moment exact les Mayas perçaient-ils les oreilles ? Y avait-il un âge précis faisant office de rite de passage pour cette pratique ?

Analyse iconographique des enfants mayas

Pour répondre à cette question, Arajdal s’est penchée sur l’iconographie laissée par les Mayas. En examinant des représentations d’enfants sur des figurines en céramique et des sculptures, elle a déterminé à quel moment les boucles d’oreilles faisaient leur apparition dans leur vie. Ce faisant, elle a décrit comment ces piercings précédaient l’adoption de vêtements selon les genres, révélant ainsi des notions fascinantes autour de l’identité et de l’existence.

Une identité liée aux ornements

Dans son étude publiée dans la revue Childhood of the Past, Arajdal a souligné que tous les Mayas perdaient leurs ornements d’oreilles dans certaines circonstances, comme lors de sacrifices ou en captivité. Cela met en lumière l’importance que ces bijoux avaient sur leur identité personnelle et leur place au sein de la société.

Un rituel semblable à celui des Aztèques ?

Les archéologues sont conscients que les Aztèques confiaient une grande importance au perçage d’oreilles, mais les Mayas participaient-ils à un rituel comparable ? La recherche suggère que, vu leur signification unique, il est probable qu’ils aient eu une pratique similaire, bien que cela demeure incertain. De plus, le manque d’images d’enfants rend difficile de tracer l’historique du perçage des oreilles.

Malgré ce manque de preuves, Arajdal a réussi à identifier 83 représentations d’enfants sur des objets variés venant des périodes classique et postclassique. Elle a aussi mis en lien ces œuvres d’art avec les croyances des communautés Ch’ol et Tzotzil concernant l’âme humaine.

Une pratique ancestrale

Son analyse dévoile que le perçage des oreilles est probablement l’un des plus anciens rites de passage dans la société maya, précédant même le port de vêtements de genre. Cette découverte suggère que, dans cette culture, l’aspect de l’existence humaine assoit d’abord l’individu comme un être vivant avant de le soumettre aux rôles sociaux.

Le perçage des oreilles comme marqueur social

Certains enfants mayas semblent avoir reçu cette marque d’existence vers trois ou quatre mois. D’après des représentations, ce rite de passage se produisait davantage entre un et quatre ans. Ce moment marquait alors le début d’une transformation, car les trous dans leurs oreilles seraient par la suite allongés, devenant ainsi des symboles de statut social au sein de la communauté.

Tous les Mayas partageaient ce même parcours initial vers un statut, qui allait se manifester en tant que repère de leur rôle et de leur position dans la société.

Les distinctions de classe

Il est important de noter que les élites mayas faisaient preuve de plus d’ostentation dans leur décoration, utilisant des matériaux comme le jade pour des créations plus grandes et élaborées. En revanche, les classes populaires utilisaient des matières comme la céramique ou le bois, qui se décomposent avec le temps. Néanmoins, les ornements d’oreilles allaient bien au-delà d’un simple marqueur de statut. Ils participaient également à une formation spirituelle à un moment critique de la vie.

FAQ

Quel était le rôle des ornements d’oreilles chez les Mayas ?

Les ornements d’oreilles chez les Mayas symbolisaient des rituels d’identité et de statut social, marquant des étapes importantes dans la vie des individus.

À quel âge les enfants mayas étaient-ils généralement percés des oreilles ?

Les perçages des oreilles se produisaient souvent entre l’âge d’un et quatre ans, signifiant un rite de passage.

Y a-t-il des preuves archéologiques de pratiques similaires chez d’autres cultures ?

Oui, d’autres cultures précolombiennes, comme les Aztèques, avaient également des pratiques marquées de perçage des oreilles, bien que chaque société ait ses propres traditions.

Quelle a été l’importance des matériaux utilisés pour les ornements ?

Les matériaux comme le jade indiquaient un statut élevé dans la société, tandis que des matériaux plus fragiles, comme le bois, étaient monnaie courante chez les classes inférieures.

Comment les Mayas comprenaient-ils l’identité ?

L’identité pour les Mayas était perçue à travers des rites de passage, qui reliaient à la fois le corps et l’âme dans une compréhension plus vaste de l’existence individuelle.

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